Trouville – Les lumières de la côte fleurie

“Il y a pour moi, dans la vue de la mer, dans l’aspiration de ses âcres senteurs, dans son murmure éternel, une fascination immense “, écrivait Alexandre Dumas après s’être rendu en barque de Honfleur à Trouville. Une découverte fascinante qu’avait fait quelque temps auparavant le peintre Charles Mozin, parcourant à pied le chemin des grèves entre les deux petits ports de pêche. On est en 1825. Charles Mozin a 19 ans. Il s’installe avec son chevalet et ses boîtes de couleurs, dans ce Trouville, petit village de la mer qui ne compte que 1 500 habitants. Dès lors, il n’aura de cesse de brosser les charmes de la petite cité, de saisir la subtile alchimie de ces lumières si particulières les jours de grand vent, avec cette mer brassant le sable, se couvrant d’écume et se parant d’étonnants reflets ocres. Une visite au musée Montebello où sont accrochées les peinture de Charles Mozin permet de mieux comprendre cette magie qui a pu attirer nombres d’artistes au XIXe siècle, d’Alexandre Dumas à Gustave Flaubert, d’Eugène Boudin à Claude Monet.

Les artistes de la mer

S’élever dans les rues de Trouville, c’est se mettre dans les pas de ces prestigieux précurseurs. Il faut quitter les grands boulevards bruyants et enfiévrés pendant la haute saison pour s’offrir un voyage hors du temps et succomber à ce “charme très violent, immédiat” comme le décrivait Marguerite Duras, qui vivait aux roches Noires. Humer l’air salin avec un brin de nostalgie pendant que nos pas nous mènent non loin de l’endroit où la mère Ozerais avait établi son auberge du Bras d’Or, rue des Bains, une des rues les plus anciennes de Trouville. Les artistes de ce milieu du XIXe affectionnaient tout particulièrement le Bras d’Or. A quelques pas de là, rue d’Orléans, les QuatreChats, en référence au célèbre bar de Barcelone, accueille aujourd’hui bon nombre de leurs homologues contemporains. Trouville artiste et Trouville pêcheur, l’un et l’autre sont sans doute indissociables. Même si la plupart des pêcheurs ont préféré quitter ce que certains appellent le « XXI arrondissement de Paris, sans le stress », les petites ruelles et impasses fleuries qui viennent buter au pied de la falaise rappellent un passé laborieux pas si lointain.

Trouville pêcheur

Si l’envie vous prend de vous y perdre, vous pourrez peut-être y rencontrer encore un pêcheur raccommodant ses filets à la lumière du soir tombant. A petits pas, on grimpe rapidement sur les hauteurs de la ville. Le regard embrasse tout d’abord Deauville, la rivale, avant d’aller se perdre bien au-delà, sur les falaises de Villers. Encore quelques enjambées, et l’on bacule sur le vallon de Callenville, puis la butte Fréville. On est à mille lieues de la station balnéaire, bien loin des mondanités, au cœur d’une campagne normande au caractère abrupt. La vie s’y écoule bien loin de l’agitation et des regards indiscrets. Les somptueux manoirs entourés de jardins fleuris ont pris le pas sur les villas. Puis on plonge sur la vallée de la Seine. Les roches Noires, sauvages, et Antifer, l’industrielle, se font face dans un ultime défi.

Comment s’y rendre ? 

Dernière ville de la Côte Fleurie, Trouville fait face à Deauville, avec la Touques comme unique frontière. Les hauteurs de la ville procurent de nombreux panoramas sur sa voisine, ainsi que sur la baie de Seine.

  • Par la route : accès direct par l’A13 puis l’A932, à deux heures de Paris et 30 minutes de Caen et Lisieux.
  • Par le train : gare SNCF de Deauville (ligne Lisieux-Deauville). Liaison directe de Paris. 
  • En avion : aéroport de Deauville-Saint-Gatien à 5 kilomètres.